ACCOMPAGNEMENT DE PROFESSIONNELS

SUPERVISION 

La supervision peut se définir par un moment de questionnement sur sa pratique professionnelle, habituellement entre collègues exerçant la même profession. Elle vise à exprimer et analyser ses difficultés, questionnements, afin de pouvoir être le meilleur soutien possible pour nos patients dans le respect des règles déontologiques de la profession. C’est le superviseur qui est garant du cadre général de la supervision.

La supervision se base sur des situations vécues, concrètes, rencontrées dans le champ de nos activités professionnelles. 

Elle comporte plusieurs phases : 

- La séance de supervision commence par un temps où chacun(e) sera invité(e) à s’exprimer sur son ressenti actuel global, parce que nous sommes impliqués en tant que personne toute entière dans notre travail. 

- Un retour d’expérience concernant les situations évoquées antérieurement, … y compris pour se réjouir des avancées ! 

- L’analyse de situation :

. énoncer la situation que l’on souhaiterait travailler, en donnant les détails nécessaires à sa compréhension, 

. dire ce qu’on attend du retour des collègues et du superviseur dans cette situation, 

. chaque participant(e) peut demander des éléments de compréhension supplémentaires,

. chaque participant(e) est appelé à donner son point de vue au regard de sa compréhension, de son analyse ou expérience. 

Le superviseur fera de même en apportant ses propres réflexions, références, éventuellement en ayant recours à des modèles théoriques et organisera les échanges. Et n’oublions pas que, souvent, c’est la prise de conscience du processus plus que le contenu qui permet d’éclairer ce qui fait blocage.

 

Ce travail inclut évidement des éléments contre transférentiels. Ce type d’implication demande une relation de confiance entre les différents participants eux même et aussi avec l’analyste de pratique, qui se manifestera par un sentiment de sécurité se renforçant au fil des séances. 

Toutefois, la supervision n’est pas une psychothérapie de groupe. Ainsi, si des éléments de sa propre personnalité, de sa propre histoire peuvent parfois être évoqués, ils ne seront pas spécifiquement investigués ou travaillés au cours de la séance de supervision. 

Enfin, contrairement à une formation, ce sont les participants qui apportent le matériel à échanger, ce qui leur demande donc d’anticiper les situations qu’ils veulent aborder en séance d’AP.

 

ANALYSE DE LA PRATIQUE PROFESSIONNELLE

 

L’analyse de pratique professionnelle peut se définir par un moment de questionnement en groupe sur sa pratique professionnelle et ses responsabilités. 

Elle concoure à une posture professionnelle plus claire, plus sereine, plus solide.

Elle vise à une meilleure prise en charge des personnes qui seraient sous notre responsabilité et, en intention prioritaire, aux bénéficiaires ou usagers de nos institutions eux mêmes. A ce titre, elle participe des soins psychiques. 

 

L’analyse de pratique se base sur des situations vécues, concrètes, rencontrées dans son cadre de travail, en tant que professionnel. 

Elle comporte différentes phases : 

- énoncer la situation et ses éléments de contexte,

- identifier ce qui fait problème, les autres participants et l’analyste de pratique pouvant poser des questions de nature à préciser, à éclaircir, ou approfondir la compréhension de la situation,

- exprimer son ressenti, voire ses émotions* participant à l’appréhension de la situation,

- analyser la problématique à l’aide de réflexions, références, modèles, grâce à une élaboration commune.

- proposer des axes de travail, de réponse à la problématique.

*NB: l’analyse de pratique n’est toutefois pas à confondre avec une psychothérapie de groupe.

 

A quelles théories ou concepts se rattache l’analyse de pratique? Avec quels outils?
Ceci dépend essentiellement de l’analyste de pratique, de ses études, formations, intérêts et expériences professionnels.

Pour ma part, en fonction des besoins, je peux faire appel à de multiples références telles que : la systémie, les thérapies familiales et le transgénérationnel, certains concepts  psychanalytiques, ainsi que des apports en neuropsychologie.


Quelques règles de fonctionnement :
- le respect de la confidentialité

- le non jugement  

Par contre, l’expression du comment nous ressentons et percevons les situations, à partir de nos propres références peut s’avérer féconde. Chacun d’entre nous agit en fonction de qui il/elle est, dans un contexte donné, au mieux de ce qu’il pense devoir faire.
La richesse des points de vue et de conception est un gage de non partialité, de non personnalisation, des décisions ou postures. Elle garantit une meilleure prise en charge des personnes qui seraient sous notre responsabilité, ainsi que des bénéficiaires ou usagers de nos institutions.
- le respect du temps de parole de l’autre 

Chacun a son propre rythme et ses facilités ou non de prise de parole. La participation à un groupe réclame donc que les plus à l’aise laissent de la place à celles et ceux qui le sont moins, mais aussi à ses dernier(e)s d’oser prendre la parole au sein du groupe.  

Hubert : "J'ai apprécié particulièrement la simplicité avec laquelle Dominique G. passe de cas concrets à des éléments théoriques permettant de penser la situation. Cela m'a éclairé et rassuré dans ma pratique professionnelle"